Tipa Tipa : Chaque Jour, un Geste pour les Femmes
- Jérôme

- 8 mars
- 2 min de lecture
8 mars 2025 · Place du Moulin · Heritage Resorts & Golf, Île Maurice

Ce matin-là, à la Place du Moulin, ce ne sont pas des discours officiels qui ont ouvert la journée. Ce sont deux femmes, deux voix complémentaires, qui ont choisi de parler concret. De parler vrai.
Face à un public composé des employés de Heritage Resorts & Golf, des équipes de la propriété, des scouts de la région, des membres du Lions Club de Maurice et des acteurs de la communauté de Bel Ombre, pour marquer le 8 mars, la Dre Émilie Rivet-Duval et Gaëlle Schluchter ont posé deux questions simples... mais pas faciles.
Qui suis-je vraiment ? Et à quoi est-ce que je consens ?
Deux heures de causeries thématiques qui ne ressemblaient à aucun discours de circonstance.
Dre Émilie Rivet-Duval (Konekte) — « Qui suis-je ? »
La psychologue clinicienne et CEO de Konekte n'est pas venue avec des formules. Elle est venue avec une image : celle des poupées russes. Chaque femme porte en elle l'enfant qu'elle a été, l'adolescente qu'elle a traversée, la professionnelle qu'elle est devenue. Se connaître, c'est ouvrir ces couches... sans jugement.
Son message central : ne pas attendre le gouvernement, ne pas attendre la fin des inégalités. Agir aujourd'hui, à son échelle. « Tipa tipa, petit à petit, chaque jour, une parole, un geste, peut changer la vie d'une femme. »
Elle a rappelé une réalité souvent tue : à Maurice, les ressources en santé mentale restent dramatiquement insuffisantes. Pas assez de psychologues, pas assez d'investissement public. Et pourtant, c'est là que tout commence : par la capacité à poser ses limites, à nommer ce qu'on ressent, à refuser ce qui n'est pas acceptable.
« Il ne faut pas attendre le bon moment pour protéger la femme. Chaque jour suffit sa peine. Tipa tipa. »
Gaëlle Schluchter (LespriSEXY) — « Apprendre à se respecter »
Gaëlle Schluchter a choisi de parler consentement. Pas comme un concept juridique abstrait, comme un outil du quotidien. Et pour le rendre concret, elle a proposé un acronyme : R.E.E.L.S.
Réversible et révocable : un accord donné aujourd'hui peut être retiré demain, sans explication à fournir.
Éclairé : on ne consent qu'à ce que l'on comprend vraiment.
Enthousiaste : le « oui » doit être franc, clair, sans ambiguïté... jamais une résignation.
Libre : sans pression, sans chantage, sans contrainte, qu'elle soit hiérarchique, émotionnelle ou autre.
Spécifique : dire oui à une chose ne signifie pas dire oui à tout. Chaque situation, chaque accord.
Dans l'hôtellerie, où les relations hiérarchiques sont intenses et les interactions avec les clients quotidiennes, cette grille de lecture n'est pas accessoire. Elle est nécessaire.
Gaëlle Schluchter l'a dit sans détour : conditionner les femmes à toujours sourire, à toujours dire oui, c'est les exposer. Et déconstruire cet attitude, ça prend du temps...
Ce que cette matinée dit de l'hôtellerie mauricienne
Heritage Resorts a choisi d'organiser cet espace, non pas pour cocher une case, mais pour offrir de vraies prises de parole.
L'émancipation des femmes dans l'hôtellerie ne passera pas uniquement par les politiques RH ou les chartes de valeurs. Elle passera par ces matinées-là, ces mots-là, posés simplement. Deux expertes, deux sujets difficiles, un public qui a écouté. Tipa tipa nu avance.



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